En 1914, l’appel aux troupes coloniales a lieu  dès l’entrée en guerre de la France, qui comme tous les pays engagés dans cette guerre possède des colonies. Le nombre de ces soldats venus d’Afrique avoisine 200 000 hommes formant un premier régiment appelé, les tirailleurs sénégalais. Ce nom est en partie dû au lieu de… Lire la suite »

En 1914, l’appel aux troupes coloniales a lieu  dès l’entrée en guerre de la France, qui comme tous les pays engagés dans cette guerre possède des colonies. Le nombre de ces soldats venus d’Afrique avoisine 200 000 hommes formant un premier régiment appelé, les tirailleurs sénégalais. Ce nom est en partie dû au lieu de création de ce régiment, le Sénégal. Le terme « tirailleur » désigne, selon la terminologie militaire, « un combattant qui progresse en ordre dispersé en tirant à plusieurs reprises, avec insistance ».

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En 1914 les possessions coloniales françaises se répartissent sur le continent africain et en Indochine

Jusqu’en 1946 la superficie totale des colonies françaises représente 12 898 000 km2 .

Parmi elles on compte ;

* Nord du Maroc : 446 550 km2  (33 millions d’habitants)

*Algérie : 2,382 millions km²  (39,2 millions d’habitants)

*Madagascar : 163 610 km² (29,9 millions d’habitants) riche en Titane ,Nickel et pétrole.

* Afrique-Équatoriale française (A.-E.F), actuels Gabon, Congo, Centrafrique & Tchad ; 2 500 000 km2   (23,4 millions d’habitants) sa richesse principale est issue de l’exportation de matière premières en Afrique occidentale

* Afrique-Occidentale française (A.-O.F), actuels Mauritanie, Sénégal, Mali, Guinée, Côte d’Ivoire, Niger, Burkina Faso, Bénin.

carte des principaux empires coloniaux en 1914

Le nombre insuffisant des effectifs français face aux troupes allemandes est vite confirmé face a l’offensive allemande qui consiste a endommager un maximum les troupes françaises . La vision de la guerre qui apparaissait comme courte et fraîche va vite quitter les esprits, ce manque d’effectif lié a la violence et la durée imprévue de la guerre va vite entraîner un repli vers l’empire colonial, perçu comme un réservoir de soldats. Entre 1914 et 1918, 165 229 hommes sont recrutés en Afrique-Occidentale française (AOF), 17 910 en Afrique-Équatoriale française (AEF) et 272 000 au Maghreb. Ils sont présents sur le front de France, aux Dardanelles et sur le front d’Orient (les Balkans)

En 1914, les administrateurs, des agents recruteurs indigènes payés pour leur action, la police indigène mais également les missionnaires se rendent dans les villages pour haranguer la population, Les fronts deviennent plus nombreux : Salonique, Moyen-Orient, Europe centrale, colonies allemandes en Afrique.

Le 9 octobre 1914 , un décret déclare mobilisable tout » indigène » âgé de 18 ans: « Recrutement volontaire, non forcé et méthodique des » indigènes » de nos colonies.

Commence alors un processus de recrutement « forcé »  mis en place en s’appuyant sur les élites locales comme Blaise DIAGNE, le premier député noir africain à l’Assemblée nationale, inscrit dans le groupe de l’Union républicaine radicale et radicale-socialiste.

A quel combat les tirailleurs prennent-ils part ?

Les tirailleurs sénégalais sont engagés dans l’opération des Dardanelles, qui vise à prendre le contrôle de la mer de Marmara qui protège l’accès à Constantinople.De nombreuses unités indigènes ont été engagées, dès octobre 1914 au cours de la bataille de l’Yser en Belgique, puis dans les Dardanelles en 1915, dans les batailles de Verdun et de la Somme en 1916 ou leur intervention reste déterminante et extrêmement courageuse dans la reprise du fort de Douamont et dans la bataille du Chemin des Dames en 1917.

Au cours des deux dernières années du conflit, les troupes africaines sont engagées dans l’ensemble des batailles décisives de la guerre. Entre les mois d’avril et juillet 1917, les bataillons du corps d’armée colonial commandé par le général Berdoulat sont massivement engagés dans l’offensive du Chemin des Dames subissant de très lourdes pertes

Voici un tableau statistique montrant le nombre de pertes au sein de ce régiment:

tués blessés prisonniers disparus total
officiers 993 1337 12 26 2368
soldats 18 247 34 156 573 2056 55 032
total 19 240 35 493 585 2082 57 400

 

Une fois sur le continent, les soldats doivent faire face à l’administration française et à sa bureaucratie lente et complexe. On leur demande de fournir des documents qu’ils n’ont pas et on rechigne à leur verser pension ou retraite. Les tirailleurs touchaient une solde moindre que celle de leurs compagnons d’armes métropolitains.

 

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exemple d’uniforme porté par les tirailleurs sénégalais

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Afficher l'image d'origineL’invention du slogan « Y’a bon », s’inspire du langage considéré comme primaire des soldats Africains. On constate que depuis 1914 Banania se sert du tirailleur sénégalais: une image humiliante et dévalorisante de l’homme noir en Occident pour populariser sa marque et celle-ci fera son succès.
Donc la marque s’appuie sur la culture de guerre en utilisant le tirailleur comme slogan révélant un aspect raciste qui reflète les discriminations à envers les soldats africains.