1918,près de 600 000 veuves de guerre et 986 000 orphelins sont ainsi plongés dans la plus grande détresse physique et morale. Durant le conflit, de très nombreuses femmes ont pris une part active à l’effort de guerre, occupant au sein du système de production les places laissées vacantes par les hommes partis sur le… Lire la suite »

 1918,près de 600 000 veuves de guerre et 986 000 orphelins sont ainsi plongés dans la plus grande détresse physique et morale.

Durant le conflit, de très nombreuses femmes ont pris une part active à l’effort de guerre, occupant au sein du système de production les places laissées vacantes par les hommes partis sur le front. Avec la disparition du soutien de famille, la majorité d’entre elles se trouvent en situation de précarité une fois la paix revenue : les conventions sociales incitent les employeurs à utiliser des hommes plutôt que des femmes à qui l’on demande de regagner le foyer familial afin d’élever leurs enfants.

Tout comme après la guerre de 1870, la France reconnaît naturellement le sacrifice consenti par toutes les mères et toutes les épouses et leur rend largement hommage à travers l’édification de monuments aux morts. Souvent associée à l’énumération nominative des morts, cette vision de la femme terrassée par la douleur est déclinée selon deux thèmes : la souffrance résignée et la révolte. Les femmes sont soit représentées comme des héroïnes, pleurant celui qui a donné sa vie pour la Patrie et soutenues par leurs enfants, soit comme des combattantes qui brandissent le glaive pour abattre le fléau – la guerre – qui leur a pris ceux qu’elles aimaient. L’émotion provoquée par le sacrifice vécu par les veuves des poilus et surtout par la constatation que la plupart de ces femmes vivent dans des conditions difficiles qui ne leur permettent pas d’éduquer correctement leurs enfants, ce qui incite l’État à prendre des mesures pour leur assurer des ressources indispensables, comme par exemple en leur attribuant des emplois réservés dans la fonction publique et en leur allouant des pensions.

Des lois sont ensuite votées:  elles accordent des aides financières à l’ensemble de ces femmes (pour mémoire, la première loi allouant une pension aux veuves de guerre date de la Révolution française). C’est ainsi que la loi du 31 mars 1919 reconnaît aux militaires blessés et à leur famille le droit d’avoir l’obtention d’une pension. Celle du 24 juin 1919 étend ce droit aux victimes civiles de la guerre et à leurs descendants . Quand une femme est considérée comme veuve de guerre, elle est autorisée à faire valoir les droits correspondants à ce titre, si elle est l’épouse d’un militaire mort en service, suites à des blessures ou de maladies contractées pendant le service. Cette disposition est étendue aux compagnes par la loi du 12 novembre 1955.Le 20 janvier 1920, le ministère des pensions, des primes et des allocations de guerre est créé pour appliquer cette législation ; le premier ministre est André Maginot.

La société française s’inquiète également du sort des enfants des soldats morts en service. Des associations destinées à aider les orphelins de guerre se créent à la fin du XIXe siècle. Alors que la Première Guerre mondiale est à son paroxysme, l’État prend des mesures pour subvenir aux besoins financiers et à l’éducation de ces enfants.

 

Monument aux morts de Lodève.

mapio.fr

Monument aux morts de Lodève (Hérault) est l’oeuvre du sculpteur Paul Dardé (1888-1963)