Le « dépôt de munition des dix-huit ponts » ou « Arsenal des dix-huit ponts » était un dépôt de munitions et de matériel du 1er Corps d’Armée, aménagé par les Allemands dans une ancienne fortification de pierre blanche et briques rouges en périphérie de la ville de Lille sur le Boulevard de Belfort. Il tire son nom de… Lire la suite »

Le « dépôt de munition des dix-huit ponts » ou « Arsenal des dix-huit ponts » était un dépôt de munitions et de matériel du 1er Corps d’Armée, aménagé par les Allemands dans une ancienne fortification de pierre blanche et briques rouges en périphérie de la ville de Lille sur le Boulevard de Belfort.

Il tire son nom de celui du bastion qui l’a précédé, et qui était composé d’un ensemble de 18 casemates de deux étages en voûte en berceau, chaque entrée de couloir, fermée par de hautes grilles, mesurant environ 4 mètres de hauteur sur 5 de large chacune. Ces casemates servaient de magasin à poudre. Elles étaient protégées par un épais merlon de terre. L’apparence extérieure de sa façade était celle de 18 arches, à l’origine du nom du dépôt, en plein cintre sur deux étages et il possédait de profonds souterrains protégés par de solides voûtes recouvertes d’un épais remblai.

L’explosion des Dix-Huit Ponts, lors de la Première Guerre mondiale, le 11 janvier 1916, a détruit une partie de la ville de Lille : la nuit du 11 au 12 janvier 1916, à trois heures du matin, pour des raisons à ce jour encore inexpliquées (sabotage ou accident ?) , le dépôt explose. L’ensemble du bastion de pierre et les merlons de terre superficiels sont littéralement volatilisés. L’explosion laisse un énorme cratère d’environ 30 m de profondeur et 150 m de diamètre.

Le bilan officiel est de :

  • 104 morts, malgré les efforts de la population et des jeunes sauveteurs de la Croix-Rouge.
  • 400 blessés mais il est possible que l’occupant allemand n’ait pas déclaré toutes ses pertes.

 

Cette photographie, prise 2 mois avant l’explosion, permet de se rendre compte de l’importance de ce dépôt de munitions. Elle a été faite à l’occasion de la visite du Prince Rupprecht de Bavière, commandant en chef de la sixième armée, au bastion des 18 ponts.

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Un aperçu en photo de l’ampleur de l’explosion ci-dessus

Dans le cimetière de Lille Sud, que nous avons récemment visité, on y trouve le carré des « 18 ponts » qui regroupe sous des croix simples, les victimes de l’explosion de la poudrière.

La mémoire du site et de l’événement se perpétue, notamment par :

  • le jardin dit « jardin des dix-huit ponts », boulevard de Belfort à Lille ;
  • une « Rue des 18 ponts » à Lille ;
  • un monument situé à proximité de l’ancien bastion, au bout de la rue de Douai, sculpté par Edgar Boutry  (également auteur du monument Foch, et du « monument aux morts pour la patrie » en 1927)
  • le monument aux morts construit près du Palais Rihour dit « Melancolia », conçu par l’architecte Jacques Alleman et sculpté paR Edgar Boutry, qui évoque également l’explosion des Dix-huit Ponts.