Dans l’histoire de la chanson française, , la chanson engagée a une place importante dans la société.  Encore aujourd’hui la Première Guerre Mondiale inspire  chanteurs ou  groupes contemporains. Voici quelques exemples :   MANAU, L’AVENIR EST UN LONG PASSÉ (2000) Chanson de rap engagée qui exprime la crainte de la  montée des extrémismes et… Lire la suite »

  Dans l’histoire de la chanson française, , la chanson engagée a une place importante dans la société.  Encore aujourd’hui la Première Guerre Mondiale inspire  chanteurs ou  groupes contemporains.

Voici quelques exemples :

 

MANAU, L’AVENIR EST UN LONG PASSÉ (2000)

Chanson de rap engagée qui exprime la crainte de la  montée des extrémismes et du racisme dans notre société.

Cette chanson est  engagée pour plusieurs raisons:
• elle rappelle que des hommes ont donné en toute connaissance de cause leur vie pour une guerre ou une cause.
• elle dénonce l’immobilisme d’une société qui laisse de plus en plus de place à la division et aux extrèmismes.
• elle évoque les craintes d’une 3ème Guerre Mondiale.

Une pupille noire entourée de blanc.
Le visage fatigué braqué sur un lieutenant.
L´ordre sera donné dans quelques instants.
Deuxième assaut de la journée et Marcel attend.
Il a placé au bout de son fusil une baillonnette
pour lutter contre une mitraillette de calibre 12.7.
Près de sa tranchée, placés à 20 ou 30 mètres,
la guerre des bouchers, nous sommes en 1917.
Tant de journée qu´il est là!
A voir tomber des âmes.
Tant de journées déjà passées sur le chemin des dames.
Marcel sent que la fin a sonné.
Au fond de sa tranchée, ses mains se sont mises à trembler.
L´odeur de la mort se fait sentir,
il n´y aura pas de corps à corps, il sent qu´il va bientôt mourir.
Comment un homme peut-il accepter d´aller au combat?
Et quand il sent au fond de lui qu´il ne reviendra pas.
L´homme est-il un animal?
Comme à cette époque le mal est déjà caporal.
La main du lieutenant doucement vers le ciel s´est levée.
La suite, l´avenir est un long passé.

Une pupille noire entourée de blanc.
Le visage ciré, son regard est terrifiant.
Placés à quelques pas de là, des allemands.
1944 Jean-Marc est un résistant.
Il a eu pour mission de faire sauter un chemin de fer.
Lui qui n´est pas homme d´action est devenu maître de guerre.
Après le cyclone qui frappa sa mère et son père d´une étoile jaune,
idée venue droit de l´enfer.
Tant d´années passées à prendre la fuite.
Tant de journées consacrées à lutter contre l´antisémite.
Jean-Marc sait qu´il n´a plus de recours.

Le câble qu´il a placé pour faire sauter le train est bien trop court.
La mort se fait sentir, mais il n´a pas de remords, comment le définir?
C´est la nature de l´homme qui l´a poussé à être comme ça.
Se sacrifier pour une idée, je crois qu´on ne résiste pas.
Le mal est maintenant général,
de toutes les forces armées occultes de la mauvaise époque de l´Allemagne.
Au loin le train s´approche et l´on peut distinguer sa fumée.
La suite, l´avenir est un long passé.

Une pupille noire entourée de blanc.
C´est ce que je peux voir devant la glace à présent.
Je viens de me lever, il y a quelques instants.
C´est difficile à dire à fond ce que je ressens.
Après la nuit que j´ai passé, dur à été mon réveil.
A tout ce que j´ai pu penser avant de trouver le sommeil.
A toutes ces idées qui m´ont causé que des problèmes.
La réalité et toutes ces images de haine.
Tant d´années passées à essayer d´oublier.
Tant de journées cumulées et doucement il s´est installé.
Je me suis posé ce matin la question.
Est ce que tout recommence, avons-nous perdu la raison
car j´ai vu le mal qui doucement s´installe sans aucune morale.
Passer à la télé pour lui est devenu normal.
Comme à chaque fois avec un nouveau nom.
Après le nom d´Hitler, j´ai entendu le nom du front.
Et si l´avenir est un long passé,
je vous demande maintenant ce que vous en pensez?
Comme Marcel et Jean-Marc ma vie est-elle tracée?
La suite, l´avenir est-il un long passé?

Je vous demande ce que vous en pensez.
Verrai-je un jour le mal à l´Elysée.
La France est-elle en train de s´enliser.
L´avenir est-il un long passé?


MAXIME LE FORESTIER, LES LETTRES, 2005

Avril 1912, ma femme, mon amour,
Un an s’est écoulé depuis ce mauvais jour
Où j’ai quitté ma terre.
Je suis parti soldat comme on dit maintenant.
Je reviendrai te voir, d’abord de temps en temps,
Puis pour la vie entière.
Je ne pourrai venir sans doute avant l’été.
Les voyages sont longs quand on les fait à pied.
As-tu sarclé la vigne ?
Ne va pas la laisser manger par les chardons.
Le voisin prêtera son cheval aux moissons.
Écris-moi quelques lignes.

Hiver 1913, mon mari, mon amour,
Tu ne viens pas souvent, sans doute sont trop courts
Les congés qu’on te donne
Mais je sais que c’est dur, cinquante lieues marchant
Pour passer la journée à travailler aux champs,
Alors, je te pardonne.
Les vieux disent qu’ici, cet hiver sera froid.
Je ne sens pas la force de couper du bois
J’ai demandé au père.
Il en a fait assez pour aller en avril
Mais penses-tu vraiment, toi qui es à la ville,
Que nous aurons la guerre ?

Août 1914, ma femme, mon amour,
En automne au plus tard, je serai de retour
Pour fêter la victoire.
Nous sommes les plus forts, coupez le blé sans moi.
La vache a fait le veau, attends que je sois là
Pour le vendre à la foire.
Le père se fait vieux, le père est fatigué.
Je couperai le bois, prends soin de sa santé.
Je vais changer d’adresse.
N’écris plus, attends-moi, ma femme, mon amour,
En automne au plus tard je serai de retour
Pour fêter la tendresse.

Hiver 1915, mon mari, mon amour,
Le temps était trop long, je suis allée au bourg
Dans la vieille charrette.
Le veau était trop vieux, alors je l’ai vendu
Et j’ai vu le vieux Jacques, et je lui ai rendu
Le reste de nos dettes.
Nous n’avons plus un sou, le père ne marche plus.
Je me débrouillerai, et je saurai de plus
En plus être économe
Mais quand tu rentreras diriger ta maison,
Si nous n’avons plus rien, du moins nous ne devrons
Plus d’argent à personne.

Avril 1916, ma femme, mon amour,
Tu es trop généreuse et tu voles au secours
D’un voleur de misères
Bien plus riche que nous. Donne-lui la moitié.
Rendre ce que l’on doit, aujourd’hui, c’est jeter
L’argent au cimetière.
On dit que tout cela pourrait durer longtemps.
La guerre se ferait encore pour deux ans,
Peut-être trois ans même.
Il faut nous préparer à passer tout ce temps.
Tu ne fais rien pour ça, je ne suis pas content,
Ça ne fait rien, je t’aime.

Ainsi s’est terminée cette tranche de vie,
Ainsi s’est terminé sur du papier jauni
Cet échange de lettres
Que j’avais découvert au détour d’un été
Sous les tuiles enfuies d’une maison fanée
Au coin d’une fenêtre.
Dites-moi donc pourquoi ça s’est fini si tôt.
Dites-moi donc pourquoi, au village d’en haut,
Repassant en voiture,
Je n’ai pas regardé le monument aux Morts
De peur d’y retrouver, d’un ami jeune encore,
Comme la signature.


SOLDAT LOUIS, LE CHEMIN DES DAMES, 2006

Garçon, faut que j’m’en aille
On m’dit de prendre les armes
Pour je n’sais quelle bataille

Conscrit disent les gendarmes

J’te confie la marmaille
Ta mère qu’est d’jà en larme
Prend bien soin du bétail
D’la p’tite qui fait du charme

REFRAIN
Ca chantait la guerre
Ca sonnait du clairon
La patrie terre de nos pères
Et la chair à canon

Fiston, ma bandoulière
Sent la mort et le plomb
Mourir pour une frontière
Des deux côtés c’est con

J’me vois pas très à l’aise
Alignant un teuton
Hurlant la Marseillaise
Abreuvant les sillons

REFRAIN

Garçon, j’entends les balles
J’tire en fermant les yeux
Les ordres du général
Sont bien plus que douteux

J’veux pas du ch’min des dames
Alors, j’te dis adieu
J’s’rai passé par les armes
De Français courageux

REFRAIN


FLORENT PAGNY, LE SOLDAT, 2010
Chanson créé par le chanteur Calogero dans le cadre de la Grande Guerre, et interprété par Florent Pagny. Les paroles sont inspirées de lettres de poilus, envoyées à leur épouse et leur enfant. L’objectif de cette musique est de réveiller la mémoire des personnes qui l’écoutent. Le clip ci-dessous à été tourné dans l’ossuaire de Douaumont.

A l’heure où la nuit passe au milieu des tranchées,
Ma très chère Augustine, je t’écris sans tarder,
Le froid pique et me glace et j’ai peur de tomber.
Je ne pense qu’à toi,
Mais je suis un soldat.
Mais surtout ne t’en fais pas,
Je serai bientôt là.
Et tu seras fière de moi.

A l’heure où la guerre chasse des garçons par milliers,
Si loin de la maison et la fleur au canon.
Ces autres que l’on tue sont les mêmes que moi.
Mais je ne pleure pas,
Car je suis un soldat
Mais surtout ne t’en fais pas,
Je serai bientôt là
Et tu seras fière de moi.

A l’heure où la mort passe dans le fleuve à mes pieds,
De la boue qui s’en va des godasses et des rats.
Je revoie tes yeux clairs, j’essaie d’imaginer
L’hiver auprès de toi,
Mais je suis un soldat,
Je ne sens plus mes bras,
Tout tourne autour de moi,
Mon Dieu sors moi de là.

Ma très chère Augustine, j’aimerai te confier
Nos plus beaux souvenirs et nos enfants rêvés.
Je crois pouvoir le dire nous nous sommes aimés.
Je t’aime une dernière fois.
Je ne suis qu’un soldat.
Non je ne reviendrai pas.
Je n’étais qu’un soldat.
Prends soin de toi.


Nous pouvons faire un lien avec un article de france 3 : http://france3-regions.francetvinfo.fr/lorraine/histoires-14-18-il-y-cent-ans-la-musique-malgre-tout-766878.html