Gavrilo Princip, héros pour les uns, assassin pour les autres. Mais qui était-il réellement ? Après sa mort il fut enterré dans une tombe anonyme près de la forteresse de Theresienstadt, une tombe dont l’emplacement était resté secret à la demande du gouvernement austro-hongrois. C’est en 1920 que la dépouille de Gavrilo Princip fut exhumée… Lire la suite »

Gavrilo Princip, héros pour les uns, assassin pour les autres. Mais qui était-il réellement ?

Après sa mort il fut enterré dans une tombe anonyme près de la forteresse de Theresienstadt, une tombe dont l’emplacement était resté secret à la demande du gouvernement austro-hongrois. C’est en 1920 que la dépouille de Gavrilo Princip fut exhumée et ramenée à Sarajevo. Ses restes furent placés au cimetière de St-Marc pour être célébrés comme des reliques. Il devient « l’incarnation de la lutte de la Yougoslavie face à ses oppresseurs.» sous le régime communiste du maréchal Tito.

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Considéré comme un héros de la Yougoslavie royale d’Alexandre 1er  ainsi que celle de Tito, son acte à Sarajevo est célébré par une plaque commémorative, sur les lieux de l’attentat, qui le décrit comme « un combattant de la liberté ». Cette plaque, détruite par les nazis en avril 1941 est remplacée par une autre, détruite à son tour par l’armée de la République de Bosnie et d’Herzégovine pendant la guerre en ex-Yougoslavie en 1992. Aujourd’hui une nouvelle plaque porte le message « Que la paix règne sur terre », en anglais, serbe et bosnien.

Lors de son acte, Gavrilo faisait partie de « la Main Noire », une société secrète terroriste ayant pour objectif déclaré : l’unification de tous les Serbes. Pour cela elle préfère user d’actions terroristes plutôt que culturelles.

Pour faire avancer la cause yougoslave, Princip et six amis, dont un Bosniaque musulman, projettent de leur propre initiative d’assassiner un haut fonctionnaire autrichien. Apprenant l’arrivée à Sarajevo de l’héritier du vieil empereur d’Autriche François-Joseph 1er, ils se disent qu’il fera encore mieux l’affaire.

L’archiduc François Ferdinand visite Sarajevo en qualité d’inspecteur général des forces militaires.

Une première alerte à lieu le matin quand une bombe tombe près du cortège officiel. Elle rebondit sur la capote de la voiture de l’archiduc et explose sous la suivante, blessant une vingtaine de personnes ainsi qu’un officier de police. Son auteur, Gabrinovitch est arrêté après avoir avalé une dose de cyanure qui ne lui sera pas mortel, provoquant des brûlures de la gorge et de l’estomac. Un peu plus tard, l’archiduc et son épouse se rendent à l’hôpital pour rendre visite aux blessés militaire, mais leur chauffeur se trompe d’itinéraire et dans une ruelle, doit ralentir pour prendre un virage.

Princip, qui se trouve à proximité, joue le tout pour le tout et tire deux coups de revolver sur la voiture. L’archiduchesse est tuée sur le coup. François-Ferdinand décède au bout de dix minutes. L’assassin est arrêté et rejoint en prison son ami ainsi que plusieurs complices présumés.

La mort tragique de l’archiduc François-Ferdinand et de son épouse, la duchesse de Hohenberg, passe d’abord inaperçue en Europe.
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Sophie Chotek

François Ferdinand

 

 

                                                                                                                                                               

Les policiers autrichiens montrent d’emblée un lien entre les assassins et la Serbie. Il apparaît dès lors raisonnable à l’ensemble des chancelleries européennes que Vienne punisse celle-ci. Personne n’aurait imaginé qu’un conflit local entre le prestigieux empire des Habsbourg et la Serbie archaïque puisse déraper….

 

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Assassin, héros ? La question divise en effet l’opinion et trouve son parallèle avec un autre assassinat…

 

Jean Jaurès Jean Jaurès                      Raoul villain

 

Raoul Villain

 

 

 

 

 

 

Il s’agit de Jean Jaurès et d’un autre assassin, Raoul Villain dont le parcours n’est pas moins intéressant que celui de Princip.Deux terroristes, deux assassinats pour déclencher une guerre qui d’européenne fut ensuite mondiale, le parallèle est flagrant entre les deux hommes. Deux nationalistes également pour deux causes différentes. Les Peuples après l’épopée révolutionnaire et impériale napoléonienne aspiraient à la liberté, celle de se gouverner et de choisir leur destin. En cela, Princip peut être honoré comme un héros patriote, un héros national serbe, mais son acte, un meurtre politique, bien que parfois comparé à d’autres, ne doit pas faire oublier les affreuses conséquences de cette guerre terrible qui s’ensuivit même s’il est assez évident que Gavrilo Princip ne fut ensuite qu’une mauvaise excuse pour l’Empire Austro-hongrois de faire pression sur une Serbie dont elle souhaitait la liquidation.

 

DELAHAYE Adrien

& DELROT Teddy