13 juillet-15 août 1916 À Verdun, les troupes françaises commence la reconquête. Beaucoup de morts… un massacre ! Témoignage d‘Etienne-Justin Raynal, sergent mitrailleur au 81e R.I. : « De nombreux blessés se massent près de la redoute de l’ouvrage de Thiaumont croyant y être plus en sûreté et se font tuer là par les obus. Près d’un blessé qui… Lire la suite »

13 juillet-15 août 1916
À Verdun, les troupes françaises commence la reconquête. Beaucoup de morts… un massacre !

Témoignage d‘Etienne-Justin Raynal, sergent mitrailleur au 81e R.I. : « De nombreux blessés se massent près de la redoute de l’ouvrage de Thiaumont croyant y être plus en sûreté et se font tuer là par les obus. Près d’un blessé qui vient dans notre direction tombe un gros obus. Un cadavre en décomposition est soulevé par l’explosion à plusieurs mètres de hauteur et, en retombant, s’écrase sur le blessé. Le malheureux vient vers nous en courant. Il est tout couvert de débris humains et dégage une odeur insupportable. Nous lui crions d’aller au poste de secours, car nous n’avons rien pour le soigner. Il passe devant nous, en hurlant et s’en va au hasard ; il a sans doute perdu la raison. Quelques instants après, un jeune approvisionneur de notre compagnie saisit une hache et s’en va dans la direction des Allemands en criant : « Je veux tuer des Boches, il faut que je tue des Boches. » Le malheureux avait lui aussi perdu la raison. »

Source : Laurent Loiseau et Géraud Bénech, Carnets de Verdun.

Témoignage de Marcel PIC, soldat au 143e R.I. : « Pendant 5 jours et 5 nuits, surtout le 14 et 15, ce fût un enfer terrible de bombardement, nous étions écrasés par les obus. Personne ne bougeait ; on attendait la mort, avec la soif, la faim, et 10 centimètres d’épaisseur de mouches que nous avions dessus. Nous avions assez de travail, avec le bout de la baïonnette, pour rejeter les morceaux de cadavres qui nous recouvraient chaque fois qu’un obus tombait tout près. »

Source : Laurent Loiseau et Géraud Bénech, Carnets de Verdun.

Témoignage de Roger COLLOT, caporal-mitrailleur au 143e R.I. : « La nuit venue, je quitte ma pièce pour aller aux ordres à l’autre pièce où se trouve le lieutenant. Spectacle horrible : un obus leur est tombé dessus et je n’entends que des cris et des gémissements ; tous mes camarades sont tués ou blessés ; l’ordonnance du lieutenant a les bras arrachés ; le tireur, les jambes hachées ; ils ne cessent de demander du secours ; hélas ! Je ne peux rien faire pour eux ; leurs blessures sont trop graves. »

Source : Laurent Loiseau et Géraud Bénech, Carnets de Verdun.

Témoignage du caporal BASTELICA du 4e R.M.Z.T. : « Le 15 août, le 6e bataillon de tirailleurs est en deuxième ligne en arrière de Froideterre. Du ravin des Vignes nous arrive une épouvantable odeur de charogne que nous avions déjà respirée à Avocourt et à 304. Nous la portons bientôt sur nous. Tout ce que nous touchons, le pain que nous mangeons, l’eau boueuse que nous buvons, sentent la pourriture. C’est que la terre aux alentours est littéralement truffée de cadavres… De temps à autre, un gros noir tombe sur un cadavre et en éparpille les morceaux dans toutes les directions. »

Source : Laurent Loiseau et Géraud Bénech, Carnets de Verdun.