22 mai 1916 Les français sous l’initiative du Général Mangin attaquent le fort de Douaumont. Ils finissent par atteindre les superstructures du fort mais se font finalement repoussés. La tentative de reprise du Fort de Douaumont se solde par un échec. Témoignage de Jacques Lepetit, médecin au 129ème RI : « L’ordre fut donné d’attaquer à 11h50,… Lire la suite »

22 mai 1916

Les français sous l’initiative du Général Mangin attaquent le fort de Douaumont. Ils finissent par atteindre les superstructures du fort mais se font finalement repoussés. La tentative de reprise du Fort de Douaumont se solde par un échec.
Témoignage de Jacques Lepetit, médecin au 129ème RI :

« L’ordre fut donné d’attaquer à 11h50, le 22. Notre bombardement de son côté avait été si violent depuis quatre jours (nous avions du 380), que les Boches n’avaient pu tenir dessous ; un quart d’heure après à peine, mon bataillon et l’autre de chez nous, ou plutôt leurs débris, avaient presque encerclé le fort ; à 12h45, un coureur apportait à mon commandant, un compte-rendu écrit sur la partie nord du fort, tandis que quelques prisonniers arrivaient tous seuls par petits groupes affolés ou… ravis. Quelques renforts pris sur la division furent demandés et arrivèrent le jour ; ce qui put arriver à la première ligne fut toujours autant. Malheureusement les régiments de droite et de gauche ne purent avancer beaucoup, nous laissant complètement en flèche autour du fort et comme notre ancienne première ligne nous y mettait déjà, nous avions plutôt une sale position. » « Dans la journée, quelques éléments ont pénétré dans une petite partie de l’intérieur du fort. Seuls, nous avons atteint notre objectif et l’avons conservé jusqu’à la relève (nuit du 23-24) ; mais renforcés depuis le 22 au soir par des régiments du Sud-Ouest, et relevés le 23 dans la nuit ; nous avons bien pensé que nos sacrifices seraient inutiles, à voir la débandade de ces gens de classe 16 ou de vieux demi-méridionaux (34ème et 49ème d’infanterie), mettant la panique partout et fuyant de tous côtés avant d’être arrivés en première ligne. »« Nous seuls avons atteint le fort et cela en pure perte, par la faute d’un bandit qui nous a fait relever en plein combat dans les circonstances les plus dures, par des Méridionaux choisis parmi des jeunes n’ayant jamais vu le feu ou des vieux ayant passé jusqu’à présent toute la guerre dans des secteurs de tout repos, sans aucune attaque, pour les envoyer subir les contre-attaques d’un secteur infernal. Grâce à tout cela, notre division est anéantie. L’attaque du fort, désapprouvée par le seul général Pétain, était une folie. »

Source : Jacques Lepetit, Journal de guerre.