Sur le front,  les soldats envoient et reçoivent des lettres, de leurs familles, amis, ou même de leur marraine de guerre. A travers ces lettres,  on peut ressentir  l’émotion des soldats. Quelques fois une forme de pensée positive ressort des lettres après une missive de la famille ou  de la réception d’un colis : des… Lire la suite »

Sur le front,  les soldats envoient et reçoivent des lettres, de leurs familles, amis, ou même de leur marraine de guerre.
A travers ces lettres,  on peut ressentir  l’émotion des soldats.
Quelques fois une forme de pensée positive ressort des lettres après une missive de la famille ou  de la réception d’un colis : des joies simples mais essentielles sur le front.

Quelques extraits de lettres écrites par des soldats
« Par quel miracle suis-je sorti de cet enfer, je me demande encore bien des fois s’il est vrai que je suis encore vivant » p102

Cependant à la fin de la guerre, on trouve un grand nombre de lettres reflétant la joie de la victoire comme ici dans cette lettre écrite par un soldat belge.

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Malheureusement, elles apportent aussi leurs peines :  dépression des soldats,  blessures,  attaques ou adieux.

Voici donc la première lettre que nous avons choisie pour illustrer les moments de tristesse et dernier adieu.

Charles Guinaut a été blessé le 18 mars 1916 par un éclat d’obus pendant la bataille de Verdun, il succombera quelques jours plus tard suite à ses blessures.

« Verdun,
Le 18 mars 1916,
Ma chérie,
Je t’écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre. S’il te plaît, ne pleure pas, sois forte. Le dernier assaut m’a coûté mon pied gauche et ma blessure s’est infectée. Les médecins disent qu’il ne me reste que quelques jours à vivre. Quand cette lettre te parviendra, je serai peut-être déjà mort. Je vais te raconter comment j’ai été blessé.
Il y a trois jours, nos généraux nous ont ordonné d’attaquer. Ce fut une boucherie absolument inutile. Au début, nous étions vingt mille. Après avoir passé les barbelés, nous n’étions plus que quinze mille environ. C’est à ce moment-là que je fus touché. Un obus tomba pas très loin de moi et un morceau m’arracha le pied gauche. Je perdis connaissance et je ne me réveillai qu’un jour plus tard, dans une tente d’infirmerie. Plus tard, j’appris que parmi les vingt mille soldats qui étaient partis à l’assaut, seuls cinq mille avaient pu survivre grâce à un repli demandé par le Général Pétain.
Dans ta dernière lettre, tu m’as dit que tu étais enceinte depuis ma permission d’il y a deux mois. Quand notre enfant naîtra, tu lui diras que son père est mort en héros pour la France. Et surtout, fais en sorte à ce qu’il n’aille jamais dans l’armée pour qu’il ne meure pas bêtement comme moi.
Je t’aime, j’espère qu’on se reverra dans un autre monde, je te remercie pour tous les merveilleux moments que tu m’as fait passer, je t’aimerai toujours.
Adieu
Soldat Charles Guinant Verdun,
Le 18 mars 1916, »

Le soldat exprime ses adieux et décrit en quelques sortes sa propre mort en nous faisant ressentir à travers un mode d’écriture simple, ses propres émotions et l’attente de la mort.