Sous occupation allemande !     A peine la guerre est-elle déclarée que les troupes allemandes envahissent la Belgique. Le 25 août, la I ère armée de Von Kluck est dans les parages de Valenciennes. Le jour suivant elle est à Cambrai.  La Vème armée française commandée par le général… Lire la suite »

 

 

      Sous occupation allemande !

 

 

A peine la guerre est-elle déclarée que les troupes allemandes envahissent la Belgique.

Le 25 août, la I ère armée de Von Kluck est dans les parages de Valenciennes. Le jour suivant elle est à Cambrai.  La Vème armée française commandée par le général de Lanrezac se replie sur l’Oise et  les Anglais de leur côté font retraite sur la Somme. Le recul des Alliés se poursuit jusqu’à la Marne, avant que sur cette rivière ne se déroule la grande bataille qui stoppe l’avancée allemande.

Le front se stabilise sur une ligne de tranchées allant de la Flandre maritime aux Vosges. Au-delà, c’est la France libre. Dans le Nord, les villes de Lille, Valenciennes, Cambrai et Maubeuge sont sous contrôle allemand, tout comme les villages d’une grande partie de la Flandre intérieure, du Hainaut et du Cambrésis. Ils le restent jusqu’en 1918. Jusqu’au 23 octobre pour le village d’Haspres.

Prenons l’exemple de ce village situé à 15 km au sud-ouest de Valenciennes et à 17 km au nord-est de Cambrai, dans la région de l’Ostrevant. La commune est traversée par la Selle.

 

                                                     Haspres en 1917, la méthode allemande:

La guerre nécessite une importante main d’oeuvre. Les Allemands recrutent directement sur les territoires occupés.Premièrement, ils ont recours au travail volontaire en offrant un salaire, un logement et des vêtements.
Au mois de février, 30 jeunes de la commune sont réquisitionnés pour effectuer des corvées à Trith Saint Léger. Le travail doit durer 10 jours tout au plus. Jusqu’à la fin avril, ils obtiennent toutes les deux semaines une permission, qui leur est refusée depuis que la commune fait partie de la région des opérations. Le 22 mai, la mairie s’adresse au commandant de l’étape pour faire revenir ses jeunes gens au travail.
Pour le règlement de la récolte 1917, une délégation des cultivateurs se réunit à la mairie et décide ce qui suit : Etant donné que nous n’avons aucune données précises des livraisons que chaque propriétaire a faites à l’autorité allemande, la récolte est payée selon les estimations faites par les experts cultivateurs. Des prix sont donc fixés pour chaque genre de récolte et l’on calcule sur ces prix l’estimation de toutes les récoltes ayant existé dans l’année sur le territoire.
Les Allemands fixent à l’avance la quantité de lait à fournir. Chaque litre de lait manquant est sanctionné d’une amende. Une note du 18 mai 1917, nous indique la quantité de lait que la commune a livrée le mois précédent, soit 10,237 litres. Pour cette quantité, la commune a reçu 742 francs au lieu des 1023 francs prévus. Pour cette même période, la commune a livré 13,312 œufs.
Les habitants se plaignent de la mauvaise qualité de la farine livrée par le C.R.B (Commission for Relief in Belgium), une organisation internationale (à prédominance américaine) chargée du ravitaillement en Belgique et dans le nord de la France sous l’occupation allemande pendant la Première Guerre Mondiale. C’est l’ingénieur Herbert Hoover qui est à l’origine de cette organisation et qui par la suite devient président des Etats-Unis. Pour y remédier, la farine est livrée par portion, ce qui permet aux familles de faire des mélanges en ajoutant un peu de riz cuit ou de pomme de terre. Cette formule permet d’augmenter la ration et donne un pain de meilleure qualité.

                         La bataille d’Haspres : 13 octobre 1918 – 20 octobre 1918

Le 12 octobre à minuit, par un temps froid et humide, les hommes du régiment « York & Lancaster », établis sur les hauteurs de Villers en Cauchies, progressent à découvert en direction d’Haspres. Soudain plusieurs mitrailleuses allemandes, retentissent et massacrent entièrement les Britanniques. L’assaut est meurtrier. Les Allemands profitent de l’instant présent pour contre attaquer. Le lendemain à l’aube, les hommes du 19° « Lancashire Fusiliers » s’élancent à leur tour. Les mitrailleuses Allemandes repoussent une nouvelle fois l’assaut. Les pertes sont à nouveau très sévères. Surpris par la résistance et l’organisation défensive ennemie, le commandement Britannique suspend momentanément l’attaque.

Les jours suivants, le temps est très mauvais et les soldats Britanniques creusent des trous en attendant des renforts. L’artillerie Britannique reprend son travail de sape et bombarde le village.

Le 20 octobre, les Allemands épuisés sont incapables de prolonger la lutte. En s’enfuyant ils dynamitent le pont du moulin, la gare et les voix de chemin de fer.

Finalement, après 10 jours de violents combats, Haspres est libéré le 23 octobre 1918.

Les soldats Anglais n’hésitent pas à verser leur sang pour libérer le village et rendre à la France sa liberté.

Le 31 mai et 1 juin 2008, Haspres a commémoré, le 90ème anniversaire de sa libération par les troupes britanniques. Pour l’occasion le chemin de Cambrai a été baptisé : « Chemin du régiment York and Lancaster ».