Christopher Clark est un historien australien, enseignant d’histoire à Cambridge, connu et reconnu pour son livre « L’histoire de la Prusse » ainsi que sa biographie de Guillaume II. Il a récemment provoqué le débat chez les historiens avec la publication de sa thèse « Les Somnambules » : Clark émet des idées qui vont à l’encontre de tout ce que… Lire la suite »

Christopher Clark est un historien australien, enseignant d’histoire à Cambridge, connu et reconnu pour son livre « L’histoire de la Prusse » ainsi que sa biographie de Guillaume II. Il a récemment provoqué le débat chez les historiens avec la publication de sa thèse « Les Somnambules » : Clark émet des idées qui vont à l’encontre de tout ce que l’on sait sur la responsabilité de l’Allemagne dans le déclenchement de la Grande Guerre.

Dans « Les Somnambules » (titre original « The Sleepwalkers »), Clark propose des arguments pour le moins nouveaux :

  • Selon lui, l’empire britannique est critiquable. En surestimant délibérément la puissance navale de l’Allemagne  et en mettant en avant ses intentions belligérantes, le  Royaume-Uni aurait créé une psychose de guerre.
  • Clark fait de la Serbie le « grand méchant loup » de l’Europe : la Serbie aurait attaqué la première avec l’assassinat de François-Ferdinand. L’Autriche-Hongrie était donc légitime d’attaquer la Serbie.
  • L’ultimatum proposé par l’Autriche-Hongrie à la Serbie aurait été rédigé de façon à ce que les Serbes puissent l’accepter, contrairement à l’idée générale d’un ultimatum inacceptable, rendant la guerre avec la Serbie inévitable.
  • La responsabilité de la France et de la Russie serait non négligeable. La mobilisation générale en Russie et le soutien inconditionnel de la France à celle-ci n’ont fait qu’attiser la menace d’une guerre de grande ampleur.
  • Enfin, l’armement massif de l’Allemagne se justifie par une volonté de se défendre en cas de conflit.

Quels sont les arguments des historiens dans ce débat ?

– Certes Clark est un historien reconnu par ses collègues ; ses sources sont fiables et variés et sa maîtrise des textes sur la Seconde Guerre Mondiale est remarquable.

– Cependant, les arguments de Clark ressemblent à s’y méprendre au discours innoncentiste tenu par les Allemands dans les années 20 et 30 ; les détracteurs de Clark avancent le fait que l’Autriche-Hongrie voulait une guerre avec la Serbie de façon à juguler la menace qu’elle représentait. ; enfin le soutien de l’Allemagne à l’Autriche était une façon de mesurer les intentions de guerre de la Russie. En effet l’Allemagne se considérait comme encerclée et menacée par des nations « jalouses et hostiles » telles que la Russie et la France.

Ainsi, 100 ans après, la Première Guerre Mondiale fait toujours parler d’elle. Ce nouvel ouvrage est un pavé dans la mare des débats historiques ! Pavé qui, au vue des réactions provoquées, crée certaines vagues parmi les historiens. Les discussions sont loin d’être terminées, ainsi va l’Histoire.

GRIVON Louisa, 1ES1.